Portrait-robot d’une michetonneuse

Avertissement: Les personnages et les situations de ce récit sont des fruits de mon imagination. Néanmoins toute ressemblance avec des personnes et situations existantes n’est guère fortuite, voir même vivement voulue.

 

Le weekend dernier j’ai reçu la visite d’un pote. On ne s’était pas vu de longue date, du coup nous avons essayé de rattraper le temps. Ceci s’est soldé par un week-end intense qui s’est terminé lundi vers 6 heures du matin dans une discothèque du 8eme arrondissement de Paris. Un des temps forts du week-end fut certainement ma première expérience du phénomène parisien dénommé michetonneuse. Expérience que j’aimerais partager avec vous. Cela va de soi qu’il y a des tonnes de récits sur les michetonneuses, tellement le spécimen est récurrent dans le périmètre parisien. Avant d’écrire ceci, j’ai donc décidé de ne rien lire de ce qui a déjà écrit sur les michetonneuses de peur de rejeter l’idée sous prétexte, que tout a déjà été dit à ce sujet. Ceci dit, ce qui vient n’a rien de nouveau. Je présente juste un ensemble de caractéristiques qui permettent de définir la michetonneuse, comme je l’ai vécu il y a de cela quelques heures. Voici donc le portrait-robot de la michetonneuse ; à utiliser à bon escient.

La michetonneuse habite en région Parisienne. Elle reçoit ses hôtes vendredi soir ou samedi après-midi chez sa tante qu’on ne rencontre d’ailleurs pas. La cousine, elle, est bien présente et tout aussi identifiable à ce portrait-robot. La michetonneuse possède un animal de compagnie genre basset ou teckel avec lequel elle discute ostensiblement. Sa chaîne de télé préférée, quand elle est d’origine Africaine, est TraceTV Africa. L’ex de la michetonneuse est une star du foot ; il l’a envoyé balader depuis qu’il a la côte et une place sûre dans une tanière auprès de ses pairs.

La michetonneuse n’aime pas aller dans les restaurants Africains du 18eme arrondissement, en fait quand elle est d’origine Camerounaise, elle évite les milieux Camerounais. Je n’ai pas d’explication à cela ; mon pote a émis l’hypothèse d’un problème de réputation. Bref, quand tu demandes à la michetonneuse de te recommander un café, bar ou autre lieu cool à Paris, elle ne parle que des locaux situés sur les Champs-Elysées. En effet, elle dit avoir grandi à 10 minutes de là. Donc tu ne peux qu’être surpris d’être étonné de constater qu’elle et sa cousine n’arrêtent pas de se prendre en photo une fois que vous êtes sur les Champs. Tous les décors y passent, même le parking souterrain de l’avenue n’y échappe pas. Koffi Olomidé m’avait dit que l’homme prudent voit le mal de loin, donc je me suis éloigné juste avant le début de la séance de photo-shooting, du genre je jouais au window-shopper devant le magasin de Disney. Mon pote lui risque de finir sur facebook en compagnie des rich kids of instagram, version michetonneuse: High heels, Sac à main LV, ipad et iphone (avec écran fissuré).

La michetonneuse a ses mérites. Elle est prévoyante. Si tu lui dis de t’attendre dans un café, le temps que tu ailles chercher un ami qui passera la soirée avec vous. Elle te demande de lui laisser « quelque chose » pour l’addition et son déplacement au cas où elle aurait à te rejoindre autre part, si changement de programme il y’avait. Mon pote pense que c’est dû au fait qu’elle se soit déjà faite avoir. Pauvre michetonneuse, méchant garçon l’abandonnant seule et sans un sou dans un bar parisien. Bref, la michetonneuse a ses mérites. Elle connaît ses classiques. Après que j’ai répondu à sa question sur mes activités professionnelles par « ce que je vois,  je fais, ce que je ne vois pas, je ne fais pas », elle enchaîne : « Donc tu te débrouilles ! » Hommage à Jean Miché Kankan. Clairement l’unique moment où j’ai trouvé la michetonneuse quelque peu sympathique. Oui, la michetonneuse a ses mérites. Elle n’a pas froid aux yeux. Elle dit sans détour que l’homme de sa vie devrait être enfant unique et de préférence orphelin de père et de mère. Car elle ne veut pas le partager (ou ses revenus) avec des tierces personnes. Si ça ce n’est pas de l’amour ! Oh oui, la michetonneuse n’a pas froid aux yeux. Elle dit à qui veut l’entendre qu’elle est une consommatrice.

La michetonneuse ne serait-elle donc qu’un produit, voir une victime de la société de consommation ?

Fin.

 

Paris -Michetonneuse - Street art

Pièce de street art, vue dans la rue de la Forge Royale, non loin du bar « Le Réservoir », que je recommande d’ailleurs pour son décor assez original.

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